Agapé Hub prend le large à Dinard
L'association culturelle s'est installée cet automne sur la Côte d'Émeraude. Après trois années passées dans le troisième arrondissement parisien, elle poursuit son ambition d’accompagnement des artistes, de diffusion et de démocratisation de l'art, animée par la foi
Voilà cent ans, la lumière de la Manche nourrissait l’inspiration de Picasso. Au contact de la beauté du bord de mer, il peint la liberté retrouvée des années folles et la joie innocente de « Deux femmes courant sur la plage » (1922). Comme lui, d’autres artistes et intellectuels qui ont marqué l’histoire de l’art sont venus en villégiature sur la côte bretonne. Jean Cocteau, Virginia Woolf, Paul Signac.
Aujourd’hui encore la Côte d’Émeraude attire de très nombreux artistes visuels et Dinard est restée éperdument artistique. La ville compte bon nombre de salons, de festivals, d’ateliers d’artistes, de galeries à l’année…
La toute dernière en date, c’est celle d’Agapé Hub, qui a ouvert ses portes en octobre 2025. Dans un bâtiment classé, situé sur l’axe principal entre la mairie et la plage, Xavier Lespinas et son épouse Christèle - leaders du ministère Agapé Art - poursuivent la vision du 50 rue Meslay à Paris 3e : créer, rencontrer, accompagner. À Paris et à Dinard maintenant, l’espace culturel qui accueille expositions, concerts, ateliers et événements, devient aussi un outil pour connecter avec les gens.
C’est d’ailleurs entre deux rendez-vous artistiques que Xavier Lespinas nous répond au téléphone, « en pleine euphorie quant à l’implantation de Dinard ». La vocation de l’association répond selon lui « à un réel besoin en local ».
« L’artiste contemporain vivant est souvent refoulé par certaines galeries, explique Xavier Lespinas. Nous sommes la porte ouverte à ces artistes là. La vocation de l’association, c’est également d’aider les artistes émergents, les étudiants qui sortent des Beaux-arts comme les retraités qui reviennent à leurs premières amours. Nous les exposons au côté d’artistes professionnels, en guise de tremplin, pour leur donner confiance et les propulser. » Les expositions durent un mois et demi et sont toujours collectives. « Ça croise les réseaux et cela fait venir des publics différents. C’est porteur pour le nombre de visiteurs. »
Ce mois-ci, les Bretons peuvent ainsi découvrir « Elles », une exposition qui célèbre la diversité et la force du féminin, par une pluralité de langages artistiques : le bronze, la photographie, la peinture acrylique, le graff, le collage, l’aquarelle… et même le parfum !
"Donner à goûter"
L’engagement des artistes, quand ils signent un contrat avec Agapé Hub, c’est de tenir la galerie au moins un jour par semaine. Les artistes peuvent ainsi accompagner les publics qui rentrent et qui pour certains n’ont pas l’habitude de pousser la porte d’une galerie d’art. Xavier Lespinas dit : « donner à goûter ».
Cette diffusion de l’art et de la culture, elle est au cœur de l’ADN d’Agapé Hub, qui programme divers événements pluridisciplinaires dans le but de décloisonner les genres.
Le 14 mars, Jessica Munteanu, cinéaste en service civique pour l’association, présente ainsi son film « Il était une fois la solitude », la projection en entrée libre est suivie d’un débat.
Et puis, parce qu’il est aumônier protestant au service des artistes, Xavier Lespinas entend surtout créer la confiance et tisser le lien.
« Notre objectif, c’est de créer une communauté de croyants et de non croyants qui vont avoir envie de se revoir. Un écosystème sans jugement, ouvert à la discussion où on prend soin des gens », explique-t-il. « Nous souhaitons briller artistiquement et avec notre personne au sein de la société, de la ville, de la culture, en étant crédible dans l’art. La crédibilité vient aussi des artistes qu’on expose et du travail que l’on fait au sein des associations de la ville et qui est essentiel. La communication de l’évangile passe au travers de nos vies, elle se fait en arrière-plan et si les artistes ou les visiteurs le demandent. »
Un bijou patrimonial
Voilà cent ans, la lumière de la Manche ébranlait Picasso.
Déjà, rue Jacques Cartier, se dressait le Temple protestant de l’église anglicane de Dinard, érigé en 1877 puis désacralisé à la fin du XIXe siècle.
Dans une poignée de mois, c’est là que prendra définitivement ses quartiers Agapé Hub. Le bien remarquable, qui a été pendant de nombreuses années un magasin d’art et de musique, est en cours d’achat par un investisseur au profit de l’association culturelle. « C’est un lieu atypique de 200 m² sur deux niveaux, au style anglais, avec de nombreuses boiseries.»
Un petit bijou architectural qui sera l’écrin d’une pépinière d’artistes en local.
Un écosystème en création.
Pour connecter avec Agape Hub :
- Instagram : www.instagram.com/agape_hub_fr
- Site web : agapehub.fr